Digital détox

Nomophobie, de l’addiction au contrôle de soi.

19 mars 2018

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller en sueur suite à un mauvais rêve ? Un mauvais rêve dans lequel vous étiez sur un podium, en train de balbutier face à des spectateurs hilares, car vous avez oublié d’enfiler votre pantalon avant de partir ?

Moi aussi.

Mais aujourd’hui ce rêve est probablement remplacé par une situation autrement plus commune et réaliste : vous tâtez vos poches pour vous rendre compte que votre téléphone n’est plus à sa place.

Et là, vous vous écriez : « Aaah ! Je me sens perdu ! »

Aujourd’hui, nous sommes plus de 2.5 milliards à avoir un smartphone et une grande partie d’entre nous ressent des difficultés à se déconnecter – cela s’appelle la nomophobie.

En d’autres termes, la nomophobie, c’est la peur excessive d’être séparé de son téléphone. C’est cette sensation étrange qui survient lorsque vous vous rendez compte que vous venez de laisser votre téléphone derrière vous. C’est ce moment d’hésitation qui vous fait revenir sur vos pas pour aller le chercher.

Et sa raison principale: la peur de ne plus avoir le contact avec ses proches.

Cependant, l’usage abusif du téléphone mobile n’est pas une pathologie.

Le terme de « phobie » paraît donc quelque peu exagéré. Est-ce plutôt une addiction, une dépendance ?

Des téléphones conçus pour être addictif

Sans que l’on s’en aperçoive, de notre réveil jusqu’aux 5 dernières minutes avant de s’endormir, notre smartphone et ses applications sont conçus pour nous engager, nous divertir. En un mot, pour nous captiver.

« Ce n’est pas conçu pour nous aider, c’est conçu pour nous garder » Tristan Harris – Fondateur de Time Well Spent, ONG qui porte l’attention sur l’impact nouvelles technologies dans notre quotidien.

Mais si vous comprenez les astuces utilisées pour capter votre attention, vous pouvez avoir une relation plus saine avec votre téléphone.

Première astuce: Désactiver toutes les notifications non-humaines.

Lorsque vous recevez un appel, SMS ou message, c’est probablement parce qu’une autre personne veut communiquer avec vous et aujourd’hui beaucoup d’applications tentent de simuler ce type d’interaction. Résultat, on se retrouve surchargé de notifications qui nous font perdre notre temps et notre attention.

A l’origine, la notification a été conçue pour faciliter la lecture des mails et messages reçus sur un smartphone. Sans avoir besoin de le déverrouiller, il est possible d’avoir un aperçu du message, ce qui fait gagner du temps.

Mais aujourd’hui nous recevons des notifications pour presque toutes les applications. Et ces notifications nous font ressentir une grande variété d’émotions. La relation entre l’apparition d’une notification et le ressenti d’une émotion est l’une des clés majeures de ce que l’on appelle l’addiction au smartphone.

En elle-même, cette relation n’est pas si dangereuse. C’est son aspect aléatoire qui nous rend addict. La logique derrière les machines à sous est exactement la même.

Certaines applications vont même jusqu’à reproduire le procédé de tirer le levier de la machine à sous : le « Tirer pour rafraîchir ».

Ces applications sont capables de proposer du contenu de façon perpétuelle. Cette méthode de rafraîchissement nous offre l’illusion de contrôle.

Lorsque l’on ouvre Facebook, par exemple, on active une Intelligence Artificielle qui essaie de définir le contenu parfait à afficher pour nous garder sur l’application. Son intelligence se trouve dans sa capacité à générer le plus de clics possible.

Tout le travail est réalisé en interne, il ne nous reste plus qu’à « tirer le levier » pour afficher du contenu déjà programmé pour nous plaire.

Combattre le stress des notifications

Une étude à été effectuée par the Center of Advanced Hindsight montre que lorsque l’on délivre les notifications par paquets à une heure donnée, cela réduit le stress de l’utilisateur. Les résultats montrent que le simple fait de recevoir 3 paquets de notifications par jour, de façon pré-définie, est moins stressant que de ne recevoir aucune notification.

Pour contrer le stress de l’aléatoire, commençons par organiser l’information qui arrive sur nos écrans.

Deuxième astuce : Passer son écran en noir et blanc.

Les couleurs vives sont le moyen le plus facile d’attirer votre attention. Il suffit d’entrer une fois dans un casino pour le comprendre.

Notre haute sensibilité à la couleur est également la raison pour les bulles de notifications sont rouges.

Lorsque notre écran est en noir et blanc, notre cerveau n’est plus influencé par les notifications. Elles ont toutes la même échelle d’importance.

En retirant la couleur, cela atténue l’effet addictif du smartphone.

Tutoriel ANdroid

Interlude tutoriel —

Sous Android, si vous souhaitez passer en mode monochrome, c’est à dire ne plus afficher de couleurs, voici la marche à suivre :

1. Activer le mode développeur : dans les Paramètres, aller dans « à Propos du téléphone » puis appuyer plusieurs fois sur le « Numéro de Build ».

2. Retourner en arrière puis « Options pour développeurs ». Sous le menu « Accélération matérielle du rendu graphique », cliquer sur « Simuler l’espace couleur ».

3. Sélectionner Monochromatisme.

 

 

Tutoriel ANdroid

 

Sous iOs, la marche à suivre est légèrement différente :

1. Aller dans « Général » puis « Accessibilité »

2. Sélectionner « Adapter l’affichage » puis Filtre de couleur.

3. Activer l’option, votre écran doit maintenant être en noir et blanc.

Troisième astuce : privilégier les applications sans « infinite scroll ».

Un très bon moyen de réguler son utilisation du smartphone est de réorganiser votre écran d’accueil.

Sur votre écran d’accueil, privilégiez les applications que vous utilisez tous les jours.

Par exemple, sur mon écran d’accueil se trouve une application GPS, une appli’ d’entraînement physique et une appli’ d’entraînement musical. De plus, j’ai plusieurs raccourcis pour mes messages, contacts et enregistreur vocal.

J’ai volontairement mis de côté les applications sociales telles que Facebook, Messenger et Twitter. Elles sont situées en deuxième page, dans un dossier nommé « Social ».

En rajoutant de la distance pour atteindre ces applications chronophages, mon utilisation du téléphone se trouve amoindrie.

Reprendre le contrôle sur son temps

Aujourd’hui, il semble complexe de récupérer des informations sur nos habitudes et pourtant ces données sont tout autour de nous. Chaque action est enregistrée au sein de notre environnement numérique.

Avons-nous accès aux outils nécessaires pour comprendre ce que l’on fait chaque jour ?

Je pense que c’est le cas.
Nous voyons de plus en plus de personnes avec un objet connecté autour du poignet.
Cela porte un nom, la quantification de soi.

Cette quantification est possible grâce aux objets connectés, tels que les trackers d’activités et elle nous aide à comprendre notre utilisation des produits de notre quotidien : du téléphone jusqu’à la machine à café.

Le problème est que l’exploitation de ces données quantifiables sont gardées hors de notre portée, et cela nous empêche d’avoir une vision claire de notre utilisation du numérique au quotidien.

Reprendre le contrôle sur ces données, c’est reprendre le contrôle sur son temps.
C’est très souvent en faisant face à nos habitudes que nous gagnons la force de les changer.

 

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